Le petit Pierre 1

 

Le soleil trouait le ciel,  on entendait la cascade de notes  claires d’un rossignol s’élever en ce beau matin de Juin. Le printemps finissant caressait la terre qui ondulait à grosses vagues de plantes.

Des rayons de lumière découpaient la mousse en petits morceaux clairs et sombres.

L’enfant suivait un sentier au milieu des arbres, un écureuil le regardait avancer, il ne fuyait pas il avait l’air de vouloir dire quelque choses, il ouvrait les yeux et il n’avait pas peur.

Bonjour dit l’enfant

« Bonjour petit Pierre » dit l’écureuil

« Comment tu t’appelles »

« Je m’appelle Sylvain »

« Tu es un drôle d’écureuil Sylvain, on m’a toujours dit que les bêtes  ne parlent pas. »

« Prends cette noisette, tu vas voir vivre les bêtes comme si tu n’étais pas là, tu vas aller à l’intérieur des plantes, tout profond au cœur  des plantes. »

Le petit Pierre pris la noisette et regarda la forêt.

Les fleurs se dressaient, le petit Pierre en voyait de toutes les couleurs ; des bleues, des roses, des violettes, des rouges, des blanches. Le soleil pénétrait dans les plantes, elles recevaient un peu de chaleur, un peu de combustible et elles poussaient.

Elles grandissaient sous ses yeux, il ne les avait jamais vu pousser aussi vite, les minutes, les heures s’accéléraient, les pétales s’épanouissaient, se flétrissaient en quelques minutes Les graines tombaient a terre et de nouvelles plantes sortaient, de nouvelles vies apparaissaient.

Soudain il se sentit devenir tout petit et il se retrouva à l’intérieur d’une plante. Autour de lui il y avait beaucoup de loges, elles bouillonnaient de vie, elles palpitaient comme un cœur. Elles  étaient de différentes tailles, de différentes formes, trapues,  allongées, arrondies. Les plus petites grandissaient, elles donnaient naissance à d’autres loges qui faisaient grandir et épaissir la tige.

Certaines étaient percées par le fond, elles formaient un espèce de tuyau, un liquide, un liquide circulait, celles –ci donnaient de la nourriture aux autres, elles continuaient a vivre, à grandir. Des petites loges donnaient des feuilles, d’autres servaient à consolider la tige, d’autres devenaient pétales. Il se promenait dans les pétales, il était entouré d’une lumière rouge. C’est bien normal pensait-il je dois être dans une fleur rouge.

Autour de lui les petites loges se groupaient, elles devenaient soit tiges, soit feuilles, soir racines soit pétales. Il était perdu dans sa plante. Les petites loges regagnaient leurs places toutes seules, il se disait que si les hommes s’entendaient aussi bien le monde serait aussi beau qu’une fleur.

Les questions affluaient dans sa tête. Comment une petite loge donnait naissance à d’autres comment elles arrivaient à regagner leur place soit dans la tige, soit dans la feuille soit dans le pétales ?.

Qui leur avait donné l’ordre d’aller ici et pas ailleurs, l’ordre de faire ceci et pas autre chose ?.

Il était bien surpris par tous ces mystères par ce merveilleux édifice qui le dépassait.

Il se retrouva tout à coup prés de Sylvain, il avait une foule de questions à lui poser, mais  Sylvain l’entrainait à l’orée de la forêt. Sur la colline le petit Pierre apercevait son village natal.

« Tu vois la maison violette avec des volets verts »

En effet près des maisons en bon granit du pays était construit une maison de forme biscornue toute violette avec des volets verts. Les autres maisons à côté d’elle semblaient faire un cercle pour discuter ; on aurait dit de grandes personnes venant de voir apparaitre un habitant d’une autre planète. La maison du petit Pierre avait l’air de dire qu’elle s’était trompée d’histoire. 

Le petit Pierre se souvenait bien du jour ou le Monsieur de la ville était venu avec un grand camion, le petit Pierre n’en avait jamais vu d’aussi grand.

Les ouvriers avaient sortis des pans de murs entiers, il croyait que c’était un jeu de construction pour grandes personnes, quand on lui avait dit que c’était une maison il pensait que les gens de la ville avaient de drôles d’idées.

Près de là il voyait un grand panneau tout rouge avec des lettres noires et le rouge criant semblait se disputer avec le bleu tendre du ciel  on aurait dit un gros Monsieur aux yeux méchants qui voulait faire peur à une petite fille.

« Regarde la forêt maintenant »

Il regarda les formes et les couleurs qui s’entendaient si bien entre elles, toutes avaient l’air de se donner la main elles formaient un tout et l’on ne pouvait rien enlever sans que l’ensemble ne s’écroule par terre, pareil à un pont à qui on enlèverait une arche et qui tomberait dans la rivière, pareil  a un toit à qui on enlèverait une grosse poutre de la charpente et qui s’écroulerait sur la maison. Il n’osait rien demander à Sylvain qui le regardait de ses petits yeux rusés.

 

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